Réforme bancaire : Osborne devra-t-il faire sans le soutien du Parlement ?

Posté par Scinder les banques le janvier 15, 2013  /   Posté dans Divers

Plus des deux tiers des députés britanniques sont pour une séparation des activités bancaires, alors que le chancelier prône l’isolement. Et ce sont les membres de sa coalition qui sont les plus virulents.

La pression s’accentue sur le chancelier britannique, George Osborne. Après la publication en fin de semaine dernière des conclusions de la Commission sur les normes bancaires, qui appelaient à aller plus loin que la réforme actuellement envisagée, c’est la parution d’un sondage qui vient remettre de l’huile sur le feu. Cette enquête, qui a été menée par Ipsos Mori et consultée par le Financial Times, donne le point de vue des parlementaires britanniques sur la question. Plus des deux tiers soutiennent la séparation des activités bancaires, afin que le contribuable n’ait plus à renflouer un établissement malade.

George Osborne souhaitait, lui, acter dès l’an prochain les recommandations du rapport de John Vickers. Ce dernier préconise d’isoler (« ring-fenced ») les métiers classiques de la banque de détail. Une méthode approuvée par la Commission bancaire, qui demande cependant à ce que les régulateurs puissent séparer strictement les activités si les banques venaient à ne pas respecter les principes et l’esprit du cloisonnement.

Et l’épine est bien plantée dans le pied de George Osborne. Car si 60% des parlementaires affiliés au parti travailliste soutiennent cette vision de l’industrie bancaire, ils sont 66% côté Tories. Et ce n’est pas la première fois qu’un clivage se fait sentir du côté des troupes du chancelier. Nick Clegg, l’homme fort du parti libéral-démocrate -qui forme une coalition avec les conservateurs- et Vince Cable, ministre du Commerce également « Lib Dem », ont demandé cet été à ce que le débat soit rouvert sur les recommandations de Vickers. Néanmoins, Vince Cable vient de déclarer que les questions soulevées par la Commission étaient légitimes, mais qu’il fallait faire attention à ne pas chambouler l’agenda à ce stade.

Bien que le Trésor ait assuré que les propositions de la Commission seraient envisagées avec beaucoup de sérieux, les membres du groupe de réflexion gardent l’esprit en alerte. Leur président, le conservateur Andrew Tyrie, qui tente de donner toujours plus de pouvoir aux parlementaires face au Trésor, a indiqué qu’ils déposeraient des amendements de compromis entre les partis sur la loi bancaire pour forcer la main à George Osborne, si celui-ci ne prenait pas en compte leurs recommandations. Ironie du sort : c’est le chancelier lui-même qui a demandé l’instauration de cette commission pour être conforté dans son projet.

Source : Wansquare, 27/12/2012

Un commentaire

  1. Jacques Payen 15 janvier 2013 11 h 27 min Reply

    Un vrai débat et une vraie partie de bras de fer, donc, et au grand jour ! chez nos amis britanniques.

    Toute comparaison avec une certaine démocratie continentale dirigée par un homme dont l’ennemi revendiqué est  » la finance » sans visage, toute comparaison est donc, hélas, inappropriée.

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