[La lettre A, « Entourages « , 14/01/13] Karine Berger croit en « sa » réforme

Posté par Scinder les banques le février 14, 2013  /   Posté dans Non classé

Mobilisée sur la réforme bancaire dès la campagne présidentielle, Karine Berger n’a pas eu de mal à se faire nommer rapporteure sur le dossier, y compris avec le soutien du président UMP de la commission des finances. Elle prépare désormais les auditions autour de ce projet de loi controversé.

La députée Karine Berger (Hautes-Alpes) se dit très à l’aise avec le projet de loi sur la réforme bancaire présenté le 19 décembre en conseil des ministres par Pierre Moscovici. Et pour cause : proche du ministre de l’économie, dont elle suit le courant politique au sein du PS depuis 2006, c’est elle qui a travaillé sur cette mesure dès la campagne présidentielle de François Hollande, dont elle était une des conseillères économiques et chargée des finances publiques.

A l’époque, assure cette polytechnicienne qui fut membre du comité de direction de la société d’assurance-crédit Euler Hermes (Allianz, 2008-2011), elle prônait déjà une filialisation de certaines activités spéculatives des banques afin de leur interdire l’accès aux fonds propres de la maison mère. Karine Berger dit fêter « un an de petits-déjeuners avec les banquiers » afin de préparer la réforme. Parmi ses interlocuteurs réguliers : Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, et Michel Pébereau, fondateur de BNP Paribas, avec qui elle a encore déjeuné récemment aux côtés de Laurence Parisot (Medef). « J’ai assisté aux plus discrètes négociations [du texte], et je suis convaincue d’en connaître presque tous les acteurs », expliquait l’élue socialiste le 16 décembre sur son blog hébergé par Alternatives économiques (voir ici).

Consensus autour de sa nomination

Karine Berger n’a donc pas eu de mal à remporter le titre de rapporteure de la loi, qui lui permet de constituer la jonction entre Bercy et l’Assemblée nationale et de faire œuvre de pédagogie en direction des députés pour dégager une majorité sur le vote du texte. Elle a bénéficié pour cela de l’appui du responsable du groupe PS à la commission des finances de l’Assemblée nationale, Pierre-Alain Muet (ex-directeur de l’Observatoire français des conjonctures économiques), avec qui elle avait déjà travaillé pendant la présidentielle. Elle a également obtenu le soutien du président UMP de la commission, Gilles Carrez. Karine Berger bénéficie de l’aide technique de son « double politique », la députée du Tarn-et-Garonne Valérie Rabault, une ancienne cadre de BNP Paribas (Entourages nº83). Le député de la Nièvre Christian Paul, par ailleurs président du Laboratoire des idées du PS, est également impliqué sur le dossier.

L’élue planifie désormais des auditions

Le secrétaire général de l’association Finance Watch, Thierry Philipponnat, devrait enfin être reçu, faute de l’avoir été par Pierre Moscovici. Figurent bien entendu à l’agenda le président de la Fédération bancaire française (FBF) et directeur général de Crédit agricole SA, Jean-Paul Chifflet, déjà reçu à plusieurs reprises par Karine Berger, et la directrice générale de la FBF, Ariane Obolensky, une ancienne de la direction du Trésor qui fut aussi conseillère de Michel Rocard (Entourages nº60).

Le calendrier initial prévoit un débat général en commission des finances le 30 janvier, le vote des amendements à partir du 6 février, et un passage à l’Hémicycle d’ici la mi-février.

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